Centre de Recherche sur la Canne et le Bâton
Bibliothèque de ressources historiques, culturelles, artistiques, litteraires, sportives…sur la canne et le bâton, en France et dans le monde…
Les multiples usages du bâton scout

On n’imagine pas un scout sans son bâton. C’est pourquoi une page entière et des illustrations (p. 147-149) lui sont consacrées dans le Manuel de l’Eclaireur, édité en 1941 par les Eclaireurs unionistes de France (qui est l’un des mouvements du scoutisme, d’origine protestante, fondé en 1911).
Voici ces lignes intéressantes, car elles démontrent que loin d’être un simple objet utilitaire, le bâton scout revêt une valeur emblématique à travers deux types : le bâton personnel et le bâton technique :

LE BATON SCOUT

Notre bâton, comme notre chapeau, nous distingue des sociétés de sport ou de camping.
Chacun doit posséder son « bâton personnel », proportionné à sa taille (hauteur de l’épaule), garni, colorié, sculpté, sur lequel toute notre histoire scoute peut être racontée. La vraie tradition exige que l’éclaireur le coupe et le taille lui-même. S’il est impropre aux constructions, il reste par contre le compagnon indispensable à notre activité de « coureur des bois ».

Indépendamment de notre « bâton personnel », nous utilisons pour nos constructions des « bâtons techniques ». ils auront 0,02 de diamètre, 1,80 m de longueur, seront en châtaignier, non vernis, garnis de leur traditionnelle ferrure. Ils seront râpés aux extrémités, les brélages tenant mieux sur les bâtons ainsi préparés. Ils feront partie du matériel de patrouille ou de troupe au même titre que les tentes.

A défaut de « bâtons techniques », nous demanderons les autorisations nécessaires pour couper des perches de noisetier ou de frêne, ayant les dimensions que nous venons de donner.
Le bâton est utilisé constamment : dans la marche, au camp, pour le secourisme, pour la gymnastique, pour les estimations, pour le service d’ordre, pour…le confort.
On trouvera dans ce manuel, en dehors des planches ci-après, de nombreux exemples de son utilisation.

Les dessins des deux planches qui suivent sont ainsi légendées :


Passer un mur. Freiner une descente. Sauvetage. Tracer une circonférence. Une place de plus dans le train ! Service d’ordre. Marcher la nuit sans se perdre. S’asseoir. Faire des jeux. Porter des fardeaux.

Deux remarques encore : le mot « brélage » désigne une technique d’assemblage des bois à l’aide de cordes. Par ailleurs, on remarquera parmi les illustrations celle où l’on voit deux scouts choquant leur bâton, les yeux bandés. Quelqu’un peut-il nous éclairer (c’est le cas de le dire !) sur ce jeu de bâton ? Personnellement, je la déconseille aux virtuoses de l’ASCA…

Article rédigé par Laurent Bastard. Merci Laurent :)

Bon, je me permets de répondre concernant le fait de se bander les yeux : sur la gravure, on voit des fentes au niveau des yeux (c’est un peu de la triche ça …hum). De plus, le bâton est tenu comme une crosse de hockey, vers le sol, afin d’éviter les coups dangereux (sauf éventuellement en jambe), enfin, le fait de travailler les yeux bandés (même partiellement), permet de se concentrer sur la place du corps dans l’espace. Je pense à une série d’exercices que nous faisons, en club, ou lors de stage, appelé Zatoichi (en hommage au héro japonais), exercices où l’on travaille « à l’aveugle »…mais effectivement, c’est assez délicat :)

Frédéric Morin

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