Centre de Recherche sur la Canne et le Bâton
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LES GRADES DE COMPAGNONS BASTONNEURS !!

LES GRADES BATONS

Il est à noter qu’il y avait dans les années 1840 – 1841 au moins deux grades concernant le maniement du bâton : Prévôt et Maître. Mais précisons que ces grades ne sont pas délivrés par des compagnons mais à des compagnons qui suivent les cours dispensés par des spécialistes de ce jeu.

- Grade de Prévôt

Il faut savoir que des diplômes « brevets » de Maître de Bâton existait à l’époque. Voici deux exemples de brevet décernés à des compagnons. Il s’agit de dessins aquarellés sur lesquels on peut lire « BREVET DE BATON Honneur aux armes et patrie », sur cartouche. Deux combattants au bâton sont au centre, sur les côtés, des drapeaux tricolores. La note suivante est écrite : « nous soussignés maître et professeurs de bâton, déclarons nous être réunis aujourd’hui à l’effet de reconnaître M. B, fusilier, élève de Mr. B. en qualité de Prévôt et (a)près nous être par nous mêmes assurés de ses talans (sic) et connaissances et lui avoir rappelé que la prudence et la modération doivent être les premières qualités de celui qui professe notre Art nous lui avons délivré le présent Brevet. Nous invitons nos amis et Frère d’armes à lui prêter aide et assistance au besoin promettant réciprocité de notre part sur leur recommandation. Fait le 21 juin 1840 à (illisible). »

- Grade de Maître

Cette fois, il s’agit d’une Gravure Coloriée (« A Paris Chez Fournier Rue St Jacques 31 Déposé .2. ») . Deux combattants au bâton devant des militaires en uniforme placés en demi-cercle. A droite sur cartouche l’inscription : « Protégeons les faibles » à gauche « Secourons nos frères ». Au centre est écrit « BREVET DE BATON »

La note suivante est écrite : « Nous soussignés, Maîtres et professeurs déclarons nous être réunis aujourd’hui à l’effet de reconnaître M. B. T. élève de M. (illisible) en qualité de Maître, et après nous être par nous mêmes assurés de ses talans (sic) et connaissances et lui avoir rappelé que la prudence et la modération doivent être les premières qualités de celui qui professe notre Art nous lui avons délivré le présent. Nous invitons nos Amis et Frère d’armes à lui prêter aide et assistance au besoin promettant réciprocité de notre part sur leur recommandation. Fait à Calais, le 4 juin 1841 ». ..suivi de 10 signatures.

2 Comments to “LES GRADES DE COMPAGNONS BASTONNEURS !!”

  1. [...] Au XVIIIe siècle et jusque dans les années 1850, les compagnons de divers métiers mais de rites différents (du Devoir et du Devoir de Liberté, Passants et Etrangers) se sont violemment affrontés pour des questions d’honneur, de préséance, de monopole des embauches dans les villes, de concurrence sur les chantiers, de hiérarchie entre vraies sociétés et pseudo-compagnonnages, etc. Les occasions ne manquaient pas. L’abus de vin lors des conduites (cortèges formés pour accompagner le compagnon partant, à la sortie de la ville) favorisait les querelles entre les uns et les autres. Les cordonniers, boulangers, sabotiers eurent notamment à souffrir du mépris et des coups des charpentiers, couvreurs, charrons, tanneurs, etc. Si ces rixes ont donné lieu à de multiples condamnations devant les tribunaux correctionnels, elles ont très rarement été été illustrées. C’est pourquoi le document ci-joint est particulièrement intéressant. Il s’agit d’un « souvenir du tour de France », d’un beau dessin aquarellé, très probablement réalisé à Bordeaux par Etienne Leclair, le même qui en fit une trentaine d’autres connus sous la Restauration. On lui doit aussi le brevet de maître de bâton reproduit dans l’article « les grades des compagnons bastonneurs« . [...]

  2. FM dit :

    Image du brevet de maître de bâton, œuvre du piqueur (dessinateur de la voirie) Etienne Leclair, à Bordeaux. Sous la Restauration, ce peintre a réalisé de nombreux tableaux souvenirs destinés aux compagnons du Devoir (charpentiers, charrons, bourreliers surtout) qui passaient à Bordeaux lors de leur tour de France. Son « brevet de maître » (la partie basse est coupée dans l’illustration ci-jointe) était destiné à un bâtonniste qui pouvait être un compagnon.

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