Centre de Recherche sur la Canne et le Bâton
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LE TAMBOUR-MAJOR PAR SEPTIME LE PIPPRE

Les Archives du Calvados ont organisé en 2006 une exposition à Courseulles-sur-Mer sur « Un Normand bien tranquille, Septime Le Pippre, dans la tourmente de 1870 ». C’est dans le livret édité à cette occasion que nous avons découvert qu’ Emeric Marie Septime LE PIPPRE, né en 1833 à Montfort-l’Amaury (ancienne Seine-et-Oise) avait presque toujours vécu à Villiers-le-Sec (Calvados), d’où l’exposition de ses œuvres par les Archives du Calvados.

S. LE PIPPRE rêvait d’une carrière militaire mais sa faible constitution et sa grande taille, et surtout son échec à Saint-Cyr, le firent renoncer. Il se consacra à la peinture et exposa dès les années 1850. Les thèmes militaires l’inspirèrent souvent. Durant la guerre de 1870, il était soldat dans la garde nationale mobile et combattit les Prussiens. Grièvement blessé lors des combats autour du Mans, il succomba le 22 janvier 1871.

Parmi les œuvres reproduites dans le livret de l’exposition se trouve une série d’autoportraits humoristiques, où il se met en scène en se moquant de sa haute taille et de sa maigreur (il se surnommait « Tibialong »). Nous en extrayons trois dessins au crayon aquarellés, où il est en uniforme de tambour-major, fonction qui nécessitait d’être le plus grand possible afin que les signaux faits avec la canne soient visibles de la troupe.

L’une des images le montre au bord d’une pièce d’eau en compagnie d’une jeune femme. Il s’est servi de sa grande canne comme d’une canne à pêche. Le dessin est ainsi légendé : « Grâce à elle, et à un cheveu d’Eudoxie, nous avons pu brouter quelquefois d’excellentes fritures. »

Un autre dessin nous le montre fièrement campé, canne en main, le menton levé, la moustache immense et conquérante, en train de se faire peindre. Légende : « Ma mère me demandait depuis longtemps mon portrait, j’eus l’idée de me faire tirer de grandeur naturelle en colbak et en canne, par le cousin de la cantinière qui était très consciencieux et qui mit sur la toile au moins 4 couches de couleurs fines. »

Sur le troisième dessin, il est soutenu par deux soldats qui portent sa canne, son chapeau à plumet et son tambour. Il a voulu, lui, le géant, passer sous l’arc de triomphe : « Un beau jour, en passant sous l’arc de l’Etoile, j’eus une distraction… en relevant la tête un peu brusquement je me cognai le front au point d’avoir un dépôt » (être conduit à l’infirmerie, au dépôt de l’armée).

Article rédigé par Laurent Bastard, merci :)

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