Centre de Recherche sur la Canne et le Bâton
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LE COLIN-MAILLARD A LA BAGUETTE

Voici un jeu décrit par G. BELEZE dans « Jeux des adolescents », publié chez Hachette en 1856 (p. 38-39) :

« LE COLIN-MAILLARD A LA BAGUETTE.
Ici les joueurs ne sont plus disséminés ça et là sur le terrain qui a été choisi pour être le théâtre du jeu. Ils se tiennent tous par la main, et forment un cercle plus ou moins considérable suivant leur nombre, qui est indéterminé. Au milieu du cercle est le patient, les yeux bandés, une baguette légère à la main. Les joueurs courent en rond sans se désunir, en chantant, si cela leur convient ; le patient, marchant pas à pas, se rapproche insensiblement des joueurs, et finit par toucher l’un d’eux avec sa baguette.
Aussitôt la course doit s’arrêter ; les joueurs restent immobiles. Celui qui a été touché de la baguette doit en saisir le bout, et dans cette position répéter trois fois distinctement et assez haut un mot prononcé par le patient, par exemple, le mot « bonjour » ou tout autre.
Si l’aveugle reconnaît et nomme le joueur, que le son bien connu de sa voix trahit assez souvent malgré ses efforts pour le déguiser, il cède le rôle de patient au joueur ainsi reconnu. S’il se trompe, s’il n’a pas réussi à désigner, à nommer le joueur, celui-ci lâche la baguette, la course en rond reprend son train, et Colin-Maillard va recommencer une seconde, une troisième fois les mêmes épreuves, jusqu’à ce qu’enfin sa patience soit récompensée selon ses mérites ».

Une variante de ce jeu, destinée aux filles, est décrite par Mme de CHABREUL dans « Jeux et exercices des jeunes filles » (Hachette, 1860) :

« COLIN-MAILLARD ASSIS ET A LA BAGUETTE.
Il y a deux manières de le jouer. Dans l’une, la jeune fille qui a les yeux bandés est assise au milieu de la chambre, et elle tient le bout d’un bâton que chacune des autres vient saisir par l’autre bout en faisant quelque bruit, soit un petit cri, soit un éclat de rire ou un miaulement, en déguisant sa voix pour n’être pas reconnue. Le colin-maillard nomme chaque fois une personne, et, s’il a deviné, il cède la place à celle qui s’est trahie.
L’autre manière ne diffère qu’en ce que le colin-maillard seul est debout ; les autres sont assis. Il tient également un bâton ou un mouchoir et en dirige le bout vers les joueurs assis en inventant de petits cris bizarres. Celui qu’il touche est obligé de saisir le bâton et de répêter les bruits comme nous l’avons expliqué plus haut. »

Ces jeux ne doivent pas être confondus avec un autre jeu pratiqué également avec un bâton et un joueur aux yeux bandés, appelé « Guillemin, baille my ma lance » ou « Saint Cosme, je te viens adorer ». Mais peut-être en était-ce une variante détournée et burlesque ? (voir les articles Le bâton merdeux et Les jeux de bâton du petit Gargantua).

Article proposé par Laurent Bastard. Merci :)

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