Centre de Recherche sur la Canne et le Bâton
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Le bâton ou bourdon des pélerins
Categories: Bâton du voyageur

Bâton de pélerin de St Jacques

Le bourdon est le compagnon du pèlerin, au même titre que son sac et sa gourde. Pourquoi ce nom de « bourdon » ? Le mot dérive du latin « burdo », mulet, car, comme l’animal qui supporte des charges, le bourdon est le support du pèlerin lors de son voyage. (cette étymologie est à rapprocher de celle du mot « poutre », qui dérive de « pullus », petit cheval, qui a aussi donné « pouliche », car comme le cheval supporte son cavalier, la poutre supporte la charpente).

Le bourdon est l’attribut de saint Jacques le majeur, patron des pèlerins, ainsi que de saint Roch, natif de Montpellier en 1340, qui fit son pèlerinage à Rome et qui mourut en Italie vers 1376. Le bourdon est souvent associé à la gourde fabriquée avec une calebasse, et avec la coquille des pèlerins de saint Jacques de Compostelle.

Les plus anciennes représentations des pèlerins médiévaux nous montrent des bourdons assez petits, à taille humaine : ce sont des bâtons de marche. Puis le bourdon devient beaucoup plus grand, souvent comme le pèlerin lui-même. Muni d’une extrémité ferrée, il est à la limite du bâton et de la lance. Il comporte alors deux pommeaux superposés, l’un à l’extrémité et un autre plus bas. Il est à la fois un outil de marche et une arme défensive, contre les animaux et les hommes hostiles.

Avec le renouveau du pèlerinage à Saint-Jacques-de-Compostelle, un fabricant s’était installé à Bellocq, dans les Pyrénées -Atlantiques. Son atelier a été repris par M. Jean-François Demange, qui l’a déplacé à Bustince-Iriberry. Il confectionne des bourdons en chêne, frêne, buis et olivier.
Illustration extraite du Musée des familles, mars 1837.

Article rédigé par Laurent Bastard. Merci :)

11 Comments to “Le bâton ou bourdon des pélerins”

  1. Patrick Alcuta dit :

    Bonjour

    Pouvez-vous me dire pourquoi le bourdon de pèlerin comporte 2 pommeaux superposés : je n’ai trouvé d’explications nulle part ?

    Merci

  2. Demange dit :

    Bonjour,

    Personne n’est capable d’expliquer la raison d’un, deux ou trois pommeaux, si ce n’est que le chiffre 3 incarne la Trinité. C’est pour cette raison que trois fleurs de lys figurent sur les armoiries de Bourbons et, de façon plus générale, se rencontrent très souvent trois meubles ( coquilles, besants, tourteaux,…) sur les blasons.

    Je vous invite à visiter notre site à l’adresse suivante : http://www.bourdon-pelerin.com

    Cordialement,

    Jean-François Demange

  3. Lirand dit :

    Celui du bas sert à appuyer la main quand on marche et éviter qu’elle ne glisse vers le bas. Celui du haut sert pour s’appuyer quand on s’arrête, on peut y mettre les deux mains l’une sur l’autre et s’y appuyer, voire y appuyer également le menton sur les mains.
    Bonne journée

  4. Thomas dit :

    Bonsoir,

    Il m’a semblé avoir trouver des documents sur les bourdons du XIIe – XIIIe siècle qui expliquaient qu’ils se composaient d’une partie « amovible » et creuse au niveau du pommeau dans laquelle se trouvait une éprouvette en verre afin que le pèlerin puisse y déposer une pincée de terre à chaque halte qui jalonnait son parcours… Je ne retrouve pas ses informations. Je m’en étais servi afin de réaliser des pièces (je suis sculpteur) mais j’ai bien peur qu’il ne s’agisse que d’une belle histoire emprunte de poésie!
    Pourriez vous éclairer ma lanterne à ce sujet?

    Cordialement,

    Thomas

  5. Laurent BASTARD dit :

    Pour répondre à Thomas, je pense qu’il s’agit aussi d’une belle histoire, qui transpose au Moyen Age les particularités réelles de certaines cannes à systèmes du XIXe siècle.
    Dans le même ordre d’idée, j’ai entendu des quantités de gens affirmer que les cannes des compagnons du tour de France se dévissaient et étaient pourvues d’un logement dans le pommeau ou le corps de la canne, où ils pouvaient y placer leur passeport de compagnon, des documents secrets ou même de l’eau-de-vie pour boire en cours de route. Or, j’ai eu en main des dizaines de cannes de compagnons. Si beaucoup d’entre elles étaient munies d’un pommeau et d’un embout dévissables, le logement était minuscule et insusceptible de permettre l’enfermement d’un document, sauf si on en faisait une boulette de papier.
    Ceci dit, il n’est pas exclu que certaines cannes et certains bourdons aient été pourvus de telles cachettes, l’ingéniosité humaine étant sans limite, mais, faute d’en avoir découverts à ce jour, restons dubitatifs…

  6. Thomas dit :

    Mille mercis à vous Laurent, pour votre réponse.
    Cela se confirme en effet, voici une très belle histoire. Le hasard à voulu que je retrouve la trace de celle-ci sur la site de Jean-François Demange qui je le sais désormais est l’inventeur de cette poétique légende (merci également à lui. J’espère qu’il ne me tiendra pas rigueur d’avoir rebondi à partir de cette magnifique idée). Et je vais de ce pas rechercher des documents sur cannes à systèmes du XIXe siècle auxquelles vous faites allusion ainsi qu’à ces cannes de compagnons qui, je l’espère m’offriront l’occasion de rebondir vers de nouveaux axes de réflexion créative.
    Bien à vous.
    Thomas

  7. Monique Bourlon dit :

    Je peux vous confirmer qu’il existe des cannes de compagnons comme décrite ci-dessus. J’ai en ma possession une canne ayant appartenu à « Contois le soutien des couleurs », Tours St Eloi d’été, 1899. Tout ceci est écrit sur une plaque d’argent ronde,sur le dessus du pommeau. La partie inférieure de la canne est en argent avec plein de symboles compagnonniques. A partir de cette partie en argent, la canne se dévisse, avec la place à l’intérieur, de mettre en rouleau roulé très étroitement. Le bout de la canne peut probablement, se dévisser, mais je n’y suis pas arrivée. Il faut dire que cette canne était un signe de reconnaissance avec les rubans de couleurs placés en haut de la canne, mais c’était aussi une arme pour les compagnons, qui n’avaient pas droit au port d’une épée.
    Bien à vous.

  8. Laurent BASTARD dit :

    Monique Bourlon décrit ici une canne de compagnon maréchal-ferrant issue du fabricant J. BRON, qui en réalisa des centaines de ce type dans les années 1890-1900, avant qu’Auguste PROUD lui succède. (voir les articles sur ce sujet : Greffier et Proud, fabricants de cannes compagnonniques ; Les fabricants de cannes de compagnonniques au XIXe siècle ; et la rubrique « SORTIR », sur la conférence donnée en mai 2011 sur les cannes Proud).
    Le modèle à férule creuse et dévissable n’avait aucune raison de servir de cachette aux compagnons de la fin du XIXe siècle (alors que les cannes plus anciennes ne comportent pas ce type de férule creuse). Aucun témoignage des compagnons, aucun écrit, ne vient confirmer cette légende tenace. Encore une fois, qu’auraient-ils bien pu cacher dans cette étroite férule ? Leur certificat de réception ? Non,car il était plié en carré. Une lettre ? Des billets de banque ? Au risque de se faire voler sa canne et son contenu avec !
    Quant à l’emplacement restant sous le pommeau (qui n’est pas systématiquement dévissable, notamment sur les cannes antérieures à 1850), le compagnon pouvait tout au plus y laisser quelques pièces de petite monnaie. Mais pourquoi l’aurait-il fait, quand un porte-monnaie ou le fond d’une poche était plus adapté ?

  9. Sans prendre mal cette attribution de paternité de cette légende, je me dois de rectifier.

    En donnant ce petit « plus » à nos bourdons, je n’ai jamais prétendu que cet usage fut jamais médiéval.

    Les pèlerins médiévaux se faisant enterrer avec les habits, la besace et le bourdon ayant servis au pèlerinage, pas seulement de Compostelle, pas un seul bourdon a été capable de traverser le temps jusqu’à notre époque.

    Nous ne savons donc presque rien de ces objets, si ce n’est leur forme extérieure.

    Ceci étant dit, un bourdon en deux parties aurait présenté une faiblesse, pas pour la marche mais pour se défendre, je suis persuadé que, sauf exception, les bourdons médiévaux ne pouvaient pas être creux.

    Jean-François Demange

  10. [...] Le centre de recherche sur la canne et la bâton, site collaboratif, décrit avec précision le bourdon d’antan. « Les plus anciennes représentations des pèlerins médiévaux nous montrent des [...]

  11. FM dit :

    Bonjour, j’ai fait un peu de ménage et ça devrait passer :)
    (merci de compresser vos documents :)
    Cdt,

    FMO

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