Centre de Recherche sur la Canne et le Bâton
Bibliothèque de ressources historiques, culturelles, artistiques, litteraires, sportives…sur la canne et le bâton, en France et dans le monde…
LE BATON DES COLTINEURS

Revoici le bâton ou la canne des forts ou des porteurs de grains et de farine, dont nous avons déjà parlé (voir les articles La canne des porteurs de grains et de farine et La canne des porteurs de grains – suite). Cette fois il s’agit du bâton qui servait d’appui aux coltineurs, ces hommes forts qui portaient de lourdes charges sur le dos.
Le mot « coltineur » est un synonyme de « fort » ou de « porteur » (de matières diverses, à dos d’homme).

L’image qui illustre cet article est en une du « Petit Journal » du 25 mars 1893. Elle est légendée « Le pari des coltineurs – En route ! ».

Voici le texte qui l’accompagne : « Ceux qui se lèvent tôt et ceux qui se couchent très tard ont pu, ces jours derniers, assister à un curieux spectacle.
Au matin, dix robustes gaillards, les épaules chargées d’un sac très lourd, partaient de la rue Feydeau, et par boulevards se dirigeaient vers la Bastille.
Il s’agissait de dix coltineurs qui avaient parié de se rendre à pied, et portant un sac de 100 kilos, de Paris à Corbeil, soit trente-deux kilomètres.
Bonne promenade pour ouvrir l’appétit.
Peut-être ne sera-t-on pas fâché de savoir ce que c’est que des coltineurs.
Ce sont des hommes dont le métier consiste à porter de lourds fardeaux : sacs de blé, de charbon, etc., etc.
Leur nom leur vient de « coltin », sorte de gilet sans manches, en cuir, assez semblable, quoique plus court, à une chasuble et qui protège le cou et les épaules. Le large chapeau des fariniers et des charbonniers est également par extension appelé « coltin ».
Une foule très considérable, à pied ou en bicyclette, accompagnait les rudes champions ; personne cependant n’avait songé à charger ses épaules comme eux.

Jean Labas, un gars de vingt-neuf ans, a gagné le pari. Il a mis quatorze heures à faire le trajet et a précédé de douze heures ceux de ses concurrents qui le suivaient de plus près.
Le vainqueur n’est pas précisément un type de culture intellectuelle ; il ne sait ni lire ni écrire et ne prise absolument que la force physique.

C’est un homme très fort ; mais voyez un peu comme la pâle envie s’attache aux triomphateurs !
Voici que les coltineurs de la Villette racontent que ce qu’il a fait n’est déjà pas si malin.
Certains d’entre eux prétendent faire le même trajet en dix heures au lieu de quatorze et avec un sac pesant plus de vingt livres.
Nous saurons bientôt si la valeur est au niveau de leur présomption, et dans ce cas nous conseillerons à ceux qui pourraient avoir des différends avec eux de les terminer plutôt à l’amiable. »

Article rédigé par Laurent Bastard, merci :)

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