Centre de Recherche sur la Canne et le Bâton
Bibliothèque de ressources historiques, culturelles, artistiques, litteraires, sportives…sur la canne et le bâton, en France et dans le monde…
GREFFIER ET PROUD, FABRICANTS DE CANNES DE COMPAGNONS

Annonce Greffier cannes de compagnons

Dans l’article sur les fabricants de cannes compagnonniques au XIXe siècle, nous avons mentionné les nommés GREFFIER, à Nantes, et PROUD, à Oullins.

Voici quelques ajouts sur ces deux compagnons.

Le journal « Le Ralliement des compagnons du Devoir », dans les numéros de l’année 1900, a publié une annonce qui nous apprend que Greffier père « compagnon bourrelier-harnacheur du Devoir, fabricant de cannes de Compagnons pour tous les corps d’états » se chargeait des réparations et des transformations à prix modérés car il avait « l’outillage nécessaire pour faire les cannes au goût des Compagnons qui lui en font la commande ». Il n’était plus établi à Nantes mais à Pornichet, avenue de la Gare.

Quant à l’autre fabricant, Auguste Proud, un article du même journal daté du 28 juillet 1901 nous apprend qu’il s’agissait bien d’un compagnon charron du Devoir dit « Vendéen la Tranquillité ». L’article ajoute que : « Le Tour de France apprendra avec plaisir que la fabrication des cannes de compagnons se trouve entre les mains de deux compagnons : Proud, fabricant à Oullins, près de Lyon (Rhône), maison Bonnin, et Greffier père, fabricant à Pornichet (Loire-Inférieure) ». Voilà qui permet d’identifier l’origine de toutes les cannes compagnonniques à partir des années 1890, sachant qu’Auguste Proud estampillait les embouts de ses initiales A P.

Article rédigé par Laurent Bastard. Merci :)

Tags:

6 Comments to “GREFFIER ET PROUD, FABRICANTS DE CANNES DE COMPAGNONS”

  1. Laurent BASTARD dit :

    Les compagnons René Lambert et René Teulet nous ont communiqué des informations sur Auguste Proud, père et fils, fabricants de cannes compagnonniques à Lyon et Oullins. Nous les remercions vivement des précisions apportées. En voici le résumé :
    Auguste Victor Proud est né en 1872 à Vairé, canton des Sables-d’Olonne (Vendée) et il est décédé en 1921 à Oullins (Rhône). Il était le fils d’un cultivateur et métayer (1846-1897). Il s’est marié en 1897 à Oullins avec une demoiselle Bonnin, brodeuse (1876- ?). De cette union sont nés trois enfants, dont Auguste Joseph Proud (1898-1966), compagnon charron, qui lui succèdera au titre de fabricant de cannes de compagnons.
    Auguste Proud père a été reçu compagnon charron du Devoir à Marseille, à la Sainte-Catherine 1891, sous le nom de « Vendéen la Tranquillité »
    Un visiteur du blog posséderait-il des informations supplémentaires sur ces fabricants de cannes, ainsi que sur Greffier, de Nantes ? Quelqu’un sait-il s’il y eut d’autres fabricants de cannes en général, qui en fabriquaient aussi pour des compagnons ? A partir de catalogues, de prospectus, de registres ou de correspondances commerciales, par exemple. D’avance merci pour vos contributions à ce sujet encore mal connu.

  2. [...] qu’après 1840 ou 1850. Auparavant, nous l’avons dit dans un précédent article (Greffier et Proud, fabricants de cannes de compagnons), les cannes et les pommeaux étaient très simples, sans ornementation particulière, si ce [...]

  3. Laurent BASTARD dit :

    J’ai relevé également dans le journal « Le compagnon du Tour de France » du 15 juin 1931 l’annonce suivante :
    PARAPLUIES ET CANNES
    TRANSFORMATIONS – REPARATIONS
    J. DASTARAC
    Compagnon Charron du Devoir
    248, boulevard Voltaire, Paris XIe
    Remise de 10 % aux Compagnons et à leurs familles »

  4. Laurent BASTARD dit :

    La fabrication de cannes par GREFFIER est antérieure à 1890. On découvre en effet l’annonce suivante dans le journal « Le Ralliement des Compagnons du Devoir », du 25 juillet 1887 :

    RENSEIGNEMENT
    La Société de Retraite du Ralliement des CC.°. du D.°. et Chevaliers de l’Ordre, s’empresse de faire connaître aux CC.°. du Devoir, enfants de M.°. Jacques et du P.°. Soubise, que M. GREFFIER, C.°. bourrelier harnacheur, place Ste-Elisabeth, 1, à Nantes, est fabricant de cannes, et prie tous les CC.°. du Devoir de s’adresser à lui, qu’il fera tous ses efforts pour les bien servir. »

    Pour ceux qui ne sont pas familiers des initiales triponctuées en usage chez les compagnons d’alors, je signale que C.°. et CC.°. signifient « compagnon » au singulier et au pluriel, D.°. signifie « Devoir », M.°. Jacques et P.°. Soubise signifient « Maître Jacques » et « Père Soubise », qui sont les deux fondateurs légendaires des compagnons du Devoir.

  5. [...] la fabrication des cannes pour les compagnons au début des années 1930 (voir l’article : Greffier et Proud, fabricants de cannes de compagnons), le compagnon Bris en repris la fabrication en 1937 (voir l’article : Les cannes du [...]

  6. Laurent BASTARD dit :

    Il est intéressant de remarquer qu’Auguste Proud avait acquis le monopole de la fabrication des cannes de compagnons au début du XXe siècle. Compagnon charron du Devoir, engagé dans le courant du « Ralliement », donc ennemi du Devoir de Liberté et de l’Union Compagnonnique, il vendait pourtant ses cannes aux uns et autres indistinctement. Le commerce ne connaît pas les états d’âme…

    Nous avons relevé des indices dans la presse compagnonnique qui montrent que les compagnons des années 1910 avaient du mal à se faire fabriquer leur canne, et pour cause : il n’existait plus qu’un fabricant en France, Auguste Proud, à Oullins, près de Lyon.

    Voici ce qu’on peut lire dans « Le Progrès Compagnonnique », journal de l’Union Compagnonnique (1er janvier 1913) :

    Direction générale. Assemblée du 17 décembre 1912. Les compagnons sont invités à faire connaître l’adresse d’un fabricant de cannes de compagnons, plusieurs sections en ayant besoin. »

    Et quelques numéros plus tard, le 1er août 1913, le Progrès compagnonnique insère l’avis suivant :
    « Il est souvent demandé à la Direction l’adresse d’un fabricant de cannes de compagnons. Le seul fabricant qui nous est connu est : Monsieur Proud, Boulevard Emile-Zola, 61, à Oullins (Rhône), qui exécute très bien ce genre de travail. »

    Il fallait donc bien passer par lui et laisser de côté les vieilles rancunes entre sociétés…

Leave a Reply