Archive for the ‘Jeux de canne et bâton’ Category

Le vieux tour du bâton rompu


2010
02.23

Le plus ancien livre consacré à la prestidigitation fut écrit par un Toulousain nommé Jean PREVOST et publié en 1584 sous le titre : « La Première partie des subtiles et plaisantes inventions, contenant plusieurs jeux de récréation et traits de souplesse, par le discours desquels les impostures des bateleurs sont découvertes ».

Y figure un tour « Pour rompre par grand merveille un bâton reposant sur deux verres sans les casser ni les fendre ».

Je n’ai pu consulter ce livre. En revanche, en 1977, parut sous la plume du professeur Robert TOCQUET (1898-1993) « La prestidigitation à la portée de tous » (Editions Productions de Paris-N.O.E.) où se trouve révélée la manière d’exécuter ce tour. La voici :

« LE BATON ROMPU.
Effet de l’expérience. Vous enfoncez à chaque extrémité d’un manche à balai et selon son axe un clou long et mince. Vous placez ensuite deux verres pleins d’eau sur deux chaises se faisant vis-à-vis à distance convenable, et, par l’intermédiaire des clous, vous posez le manche à balai sur le bord des deux verres. Puis, armé d’un bâton de bois dur et assez gros (de 3 cm au moins de diamètre et de 90 cm environ de longueur), vous donnez un coup vigoureux sur le milieu du manche à balai qui se rompt sans que les verres soient dérangés.
L’expérience est encore plus saisissante en faisant soutenir le manche à balai au moyen de deux anneaux de papier ou de carton tenus chacun par un aide entre le pouce et l’index. Les anneaux restent intacts après le choc.
Enfin, on peut, comme le faisait le grand illusionniste Cartis, compliquer le tour en posant les deux anneaux sur le tranchant de deux lames de rasoir maintenues l’une et l’autre par deux assistants. Ici encore, les deux anneaux ne sont pas déchirés. Curtis employait même deux anneaux de papier de soie. D’autre part, le manche à balai peut être avantageeusement remplacé par des barres de store en sapin.
Explication de l’expérience. Il s’agit en l’occurence d’un effet d’inertie, la masse du manche à balai absorbant le choc de sorte que celui-ci n’est pas transmis aux supports. »

J’avoue ne pas avoir encore tenté l’expérience (pour conserver mon balai !) mais que je tiendrai au courant les lecteurs dès la réussite ou l’échec de l’opération…

Article rédigé par Laurent Bastard. Merci :)

Robin des bois


2010
02.22

Pour un certain nombre d’entre-nous, les combats au bâton de Robin des Bois ont été les premières représentations du bâton en tant qu’arme et, qui aurait pu croire à cet instant que nous deviendrions plus tard des adeptes de cette discipline ?

Mais qui était Robin des Bois ou Robin Hood ?

Héros légendaire anglais dont la poésie populaire met les exploits du XII ème au XV ème siècle. Chef d’une bande d’outlaws, d’hommes hors la loi, retirés dans la forêt de Sherwood, il personnifie dans sa livrée verte, sous la verte feuillée, la résistance et la persistance de la race Saxonne aux premiers temps de la conquête Normande, et, plus tard la révolte et la haine des petites gens de la campagne contre l’oppression des nobles et du haut clergé..

Extrait de la définition de Robin Hood du Nouveau Larousse Illustré en 7 volumes (1897-1904)

Robin des Bois

Dessin tiré du petit livre Robin Hood and his merry men (Henri Didier Editeur – 1945)

Mickey chez Robin des Bois

Extrait des dessins de Mickey chez Robin des Bois de Walt Disney (Editions Hachette – 1950)

Cet article a été rédigé par Luc Cerutti. Merci Luc ;)

Les multiples usages du bâton scout


2010
02.07

On n’imagine pas un scout sans son bâton. C’est pourquoi une page entière et des illustrations (p. 147-149) lui sont consacrées dans le Manuel de l’Eclaireur, édité en 1941 par les Eclaireurs unionistes de France (qui est l’un des mouvements du scoutisme, d’origine protestante, fondé en 1911).
Voici ces lignes intéressantes, car elles démontrent que loin d’être un simple objet utilitaire, le bâton scout revêt une valeur emblématique à travers deux types : le bâton personnel et le bâton technique :

LE BATON SCOUT

Notre bâton, comme notre chapeau, nous distingue des sociétés de sport ou de camping.
Chacun doit posséder son « bâton personnel », proportionné à sa taille (hauteur de l’épaule), garni, colorié, sculpté, sur lequel toute notre histoire scoute peut être racontée. La vraie tradition exige que l’éclaireur le coupe et le taille lui-même. S’il est impropre aux constructions, il reste par contre le compagnon indispensable à notre activité de « coureur des bois ».

Indépendamment de notre « bâton personnel », nous utilisons pour nos constructions des « bâtons techniques ». ils auront 0,02 de diamètre, 1,80 m de longueur, seront en châtaignier, non vernis, garnis de leur traditionnelle ferrure. Ils seront râpés aux extrémités, les brélages tenant mieux sur les bâtons ainsi préparés. Ils feront partie du matériel de patrouille ou de troupe au même titre que les tentes.

A défaut de « bâtons techniques », nous demanderons les autorisations nécessaires pour couper des perches de noisetier ou de frêne, ayant les dimensions que nous venons de donner.
Le bâton est utilisé constamment : dans la marche, au camp, pour le secourisme, pour la gymnastique, pour les estimations, pour le service d’ordre, pour…le confort.
On trouvera dans ce manuel, en dehors des planches ci-après, de nombreux exemples de son utilisation.

Les dessins des deux planches qui suivent sont ainsi légendées :


Passer un mur. Freiner une descente. Sauvetage. Tracer une circonférence. Une place de plus dans le train ! Service d’ordre. Marcher la nuit sans se perdre. S’asseoir. Faire des jeux. Porter des fardeaux.

Deux remarques encore : le mot « brélage » désigne une technique d’assemblage des bois à l’aide de cordes. Par ailleurs, on remarquera parmi les illustrations celle où l’on voit deux scouts choquant leur bâton, les yeux bandés. Quelqu’un peut-il nous éclairer (c’est le cas de le dire !) sur ce jeu de bâton ? Personnellement, je la déconseille aux virtuoses de l’ASCA…

Article rédigé par Laurent Bastard. Merci Laurent :)

Bon, je me permets de répondre concernant le fait de se bander les yeux : sur la gravure, on voit des fentes au niveau des yeux (c’est un peu de la triche ça …hum). De plus, le bâton est tenu comme une crosse de hockey, vers le sol, afin d’éviter les coups dangereux (sauf éventuellement en jambe), enfin, le fait de travailler les yeux bandés (même partiellement), permet de se concentrer sur la place du corps dans l’espace. Je pense à une série d’exercices que nous faisons, en club, ou lors de stage, appelé Zatoichi (en hommage au héro japonais), exercices où l’on travaille « à l’aveugle »…mais effectivement, c’est assez délicat :)

Frédéric Morin

Le cerceau est aussi un jeu de bâton


2010
02.03

Cerceau

Tout le monde connaît le cerceau, fabriqué autrefois exclusivement en bois fendu et, de nos jours, en métal ou en plastique. Les enfants le poussent avec un petit bâton et se gardent bien de le renverser pour lui faire accomplir une course aussi longue que possible.

Ceux dont les parents ne pouvaient leur en offrir un savaient très bien dénicher des cercles de barriques ou des jantes de vélos pour se consoler.

Ce jeu est très ancien, puisqu’il est décrit par des auteurs de l’Antiquité et représenté sur divers supports peints ou sculptés. Il est tombé en désuétude depuis un demi-siècle et c’est dommage, car il développait l’adresse, les muscles et l’attention, et il ne coûtait pas cher !

Article rédigé par Laurent Bastard. Merci ;)

Un jeu d’adresse au bâton, à la Belle Epoque ?


2010
02.03

Jeu de bâton

C’est parmi toute une série de dessins de Jules Pelcoq, évoquant « la villégiature du dimanche » et publiés dans le Journal amusant du 1er août 1863, que figure celui-ci. Le dessinateur a croqué les scènes de loisirs que s’offraient les Parisiens aux abords de Paris, à Asnières, Argenteuil, Saint-Cloud, Robinson, ou même les « fortifs ». Entre les balades dans les prés, les roucoulements sous les feuillages, les promenades en barque sur la Seine, figure le dessin ici reproduit. On y voit un personnage qui semble très à l’aise avec un bâtonnet décoré d’un filet torsadé, tandis que ses deux compagnes s’efforcent de faire de même. La scène est légendée : « Le divertissement de Saint-Cloud…avec une friture de goujons. » Quel était ce jeu de bâton qui évoque vaguement celui des majorettes ou des amateurs de twirling-bâton ? S’agit-il plutôt d’une danse ? Quelqu’un pourrait-il nous éclairer ?

Article rédigé par Laurent Bastard. Merci :)

Les baguettes entrechoquées des Parsis


2010
02.01

Divertissement hindou

L’inépuisable Journal des voyages, en son numéro du 23 décembre 1906, donnait une photographie titrée  »

Chez les Parsis, l’arbre de Mai ». Et la légende expliquait qu’il se pratiquait ainsi : « C’est à un divertissement en usage parmi les Parsis des Indes que nous fait assister cette photographie. Ces jeunes filles, avec le bambin qui les accompagne, tournent en rond en tenant l’extrémité de rubans attachés au plafond de la salle. Elles tournent en sens inverse, quatre par quatre, et marquent le « passe » en entre-choquant leurs baguettes. En somme, c’est une modification de l’Arbre de Mai, ou du May-Pole, encore en usage dans bien des contrées d’Europe. »

Article rédigé par Laurent Bastard. Merci :)

Le jeu Apache de la gaule et du cerceau


2010
01.28

Parmi les jeux qui font intervenir une pièce de bois plus ou moins longue (bâtonnet, canne, bâton, perche, gaule) figure celui que pratiquaient les Apaches observés en 1905 par Claude ALBARET (Journal des voyages, 3 décembre 1905). Il en existait deux variantes.

Sport Apache

Le premier consistait à arrêter la course d’un cerceau lesté de pièces de métal ou de galets, sans le renverser, à l’aide d’une gaule flexible, longue de plusieurs mètres et dépouillée de son écorce. Il ne suffisait pas de l’arrêter, il fallait aussi le ramener à son point de départ. L’opération était un véritable sport d’adresse et de force. L’autre variante s’effectuait avec un large cerceau fermé sur ses côtés avec du cuir, sauf au centre.

Il fallait vivement passer la gaule dans le trou central et arrêter le cerceau, ce qui était très difficile en raison de sa vitesse et de la flexibilité de la gaule. Et bien sûr, sans renverser l’engin, sous peine d’être disqualifié.

Cet article a été proposé et rédigé par Laurent Bastard. Merci ;)

Le jeu du Djerrid chez les cavaliers persans


2010
01.27

Jeu de bâtonnet persan

Ce jeu a été décrit par Claude Albaret dans un article intitulé « Le sport national des Persans », publié dans le Journal des Voyages du 17 juin 1906.

Il se pratique par deux équipes de trois ou six cavaliers qui doivent se lancer un bâtonnet sur un parcours déterminé. Les cavaliers des équipes adverses, séparés au début de la course par une distance de 25 mètres, se rapprochent pour saisir le djerrid et le lancer à son tour à ceux de son équipe. Le vainqueur est celui qui atteint la ligne d’arrivée.

Si le bâton tombe au sol, il fait perdre un point au lanceur de son équipe. Le djerrid est décrit comme « un petit bâton de bois dur et lourd, long de trente-cinq à quarante centimètres, et terminé à ses deux extrémités par deux noeuds qui le font ressembler vaguement à un haltère de gymnase. »

Article proposé par Laurent Bastard. Merci :)