Archive for the ‘Canne et bâton dans la littérature’ Category

La canne vue par Louis-Sébastien Mercier à la fin du XVIIIe siècle


2010
02.17

Canne au XVIIIe siècle

L’écrivain Louis-Sébastien MERCIER (1740-1814) est resté célèbre pour son « Tableau de Paris », publié entre 1781 et 1788, qui décrit par le menu les comportements du peuple et des grands de son temps, dans la capitale. C’est un témoignage précieux pour les historiens.

Il consacre dans le premier tome, publié en 1782, tout un chapitre à la canne, dont j’ai retrouvé cet extrait dans le Dictionnaire des arts décoratifs de Paul Rouaix (1885), à l’article « canne », qui débute ainsi :

« Le XVIIIe siècle paraît être, par excellence, le siècle de la canne. L’habitude de l’épée passait de mode : les seigneurs portaient et l’épée et la canne. Mais une foule d’enrichis de la Régence et des affaires de la Banque des Indes, n’ayant pas droit à l’épée, se servaient de la canne pour avoir un maintien. L’habitude s’en généralisa. Les cannes sont nombreuses parmi les seigneurs de la cour qui entourent Louis XVI à l’ouverture des Etats généraux.
Dans son Tableau de Paris, Mercier consacre tout un chapitre à la canne : « Elle a remplacé l’épée qu’on ne porte plus habituellement, dit-il. On court le matin une badine à la main ; la marche en est plus leste et l’on ne connaît plus ces disputes et ces querelles si familières il y a soixante ans, et qui faisaient couler le sang pour de simples inattentions… On n’aurait réussi qu’avec peine à interdire le port des armes : le Parisien s’est désarmé de lui-même pour sa commodité et par raison… Les femmes ont repris la canne qu’elles portaient dans le XIe siècle. Elles sortent et vont seules dans les rues et sur les boulevards, la canne à la main. Ce n’est pas pour elles un vain ornement ; elles en ont besoin plus que les hommes, vu la bizarrerie de leurs hauts talons qui ne les exhaussent que pour leur ôter la faculté de marcher. La canne à bec de corbin disparaît peu à peu et ne se verra bientôt plus que dans la main du contrôleur ou directeur des finances qui seul est dans l’usage d’entrer ainsi chez le roi. »

Paul Rouaix a légèrement modifié le texte de Mercier en supprimant quelques mots et lignes. On pourra consulter dans son intégralité le chapitre XCIII intitulé « Canne » du Tableau de Paris, tome I, 1782, p. 293 à 295, en version numérisée, sur www.books.google.fr

L’illustration représente la silhouette d’un contemporain de L.-S. Mercier, l’écrivain Ramond de Carbonnières (1755-1827), qui porte une canne à la mode de son temps.

Article rédigé par Laurent Bastard. Merci ;)

Une chanson dédiée à la canne, par Pierre Calas, Compagnon Cordier (1864)


2010
02.17

Canne de compagnon cordier

Le compagnon cordier du Devoir Pierre CALAS dit L’Ami des Filles le Languedocien, est l’auteur de plusieurs chansons réunies en un recueil publié en 1864 sous le titre « Petit bouquet de chansons de Tour de France ». Certaines, telle « Le Blason », sont toujours chantées par les compagnons d’aujourd’hui.

Il a dédié l’une d’elles à sa plus fidèle compagne, sa canne. Elle est présentée tour à tour comme un objet de désir, récompensant la valeur et la gloire.

C’est le symbole de l’honneur, l’objet qui fait des envieux et qui terrorise l’ouvrier qui n’est pas compagnon (l’ « esponton »). La canne rassure celui qui la porte. Elle est un ornement de bonne tenue. Lors d’une conduite (cérémonie d’adieu d’un compagnon qui quitte une ville), c’est la canne qu’on remarque dans les mains du rouleur (maître de cérémonie). Enfin la canne est si précieuse pour le compagnon qu’il empêchera qu’on la lui vole jusqu’à la mort.
On notera qu’à cette époque, la canne de compagnon est un « jonc flexible » et qu’elle est « respectable par sa longueur » (son pommeau est symboliquement à hauteur du coeur).

LA CANNE

Puisqu’on voit partout, ici-bas,

Chacun chanter l’objet qu’il aime,

Chers amis, je n’hésite pas,

Je chante du Devoir l’emblème !

Le héros chante son exploit,

Le fumeur son jaune havane,

Le buveur le bon vin qu’il boit ;

Moi, je vais vous chanter la canne !

La canne, gage précieux

De la valeur et de la gloire,

La canne fait mille envieux

Sur la route de la victoire !

L’esponton vil tremble et pâlit

A son aspect, lui, le profane !

Aspirant, mon cœur tressaillit

En voyant la première canne !

Respectable par sa longueur,

Plus brillante qu’une auréole,

Ce vrai symbole de l’honneur

C’est notre dieu, c’est notre idole.

Avec elle on ne craint plus rien,

Avec elle l’on se pavane ;

Du Devoirant c’est le soutien ;

Pour voyager, vive la canne.

Quand au retour de la saison

Quelqu’un de nos frères nous quitte,

Et que Phœbus d’un beau rayon

Illumine un champ de conduite,

On voit en tête le rouleur ;

Près de lui la rose se fane,

L’arc-en-ciel avec ses couleurs

Brille moins que sa noble canne.

Un jour, rentré dans mon foyer,

Charmant séjour, chaume paisible,

Au-dessus de mon oreiller

Je suspendrai mon jonc flexible.

Et quand plus tard il me faudra

Suivre sa triste caravane,

Aux sombres lieux on me verra

Appuyé sur ma longue canne.

Quel est l’auteur de la chanson ?

Faible écho de la corderie,

L’Ami des Filles est son nom,

Le Languedoc est sa patrie.

Si quelque ennemi de son rang

Venait pour lui chercher chicane,

On lui prendrait plutôt son sang

Que de lui dérober sa canne.

L’illustration représente, à gauche, un compagnon cordier en tenue de deuil, portant sa canne embout incliné vers le sol et ses couleurs (rubans) autour du chapeau. A droite, le compagnon cordier est le « rouleur », qui préside aux embauches et aux cérémonies. Il porte sa canne enrubannée et ses couleurs à la boutonnière. Ces images sont extraites d’une lithographie d’Agricol PERDIGUIER sur « Le Compagnonnage illustré », éditée vers 1862.

Article rédigé par Laurent Bastard. Merci :)

Alphonse Karr (1808-1890) écrivain et bâtonniste


2010
02.17

Karr écrivain bâtonniste

Le romancier, poète et journaliste Alphonse KARR, né à Paris en 1808 et mort à Saint-Raphaël en 1890, n’a plus aujourd’hui le succès qu’il connut de son vivant, mais il a encore sa place dans la littérature du XIXe siècle.

Mais sait-on qu’il fut aussi un bâtonniste réputé ? C’est ce que nous apprend Eugène CHAPUS, dans son livre « Le Sport à Paris », publié chez Hachette en 1854. Cet auteur consacre son intéressant chapitre XX (pages 102 à 108) à « La boxe française, le bâton et la canne ». On pourra le lire en version numérisée sur le site www.books.google.fr

Voici l’extrait qui concerne l’écrivain :
« Alphonse Karr, lui, est l’un des favorisés du bâton. Il est infatigable à cet exercice, auquel sa musculature d’Hercule Farnèse est merveilleusement appropriée. Dernièrement, un de nos amis communs s’étonnait en le voyant se livrer à toute la furie et à toute la fantaisie de son jeu. « Comment, disait-il, vous êtes un aussi célèbre bâtonniste, et je l’ignorais ! -Oui, lui répondit Karr, et à votre étonnement je vois que vous n’avez pas eu jusqu’ici pour moi tout le respect que vous me deviez. »

Chapus cite aussi Auguste Lireux « le spirituel feuilletonniste du Constitutionnel, (qui) manie la canne avec une grande dextérité ; il paraît avoir longuement médité sur cet aphorisme de Chamfort : « Un homme d’esprit est perdu s’il ne joint pas à l’esprit l’énergie du caractère ; quand on a la lanterne de Diogène, il faut avoir son bâton. »

Chapus donne le nom des plus célèbres maîtres de bâton et de canne de son temps : Hubert LECOUR, salle du passage des Panoramas et rue de Tournon ; LOZES ; LEBOUCHER, rue de Choiseul ; VIGNERON ; GUERINEAU ; BLANC ; BOUTOT ; BURDIN ; JACON ; FOUCART ; PERSON ; BOURSAULT, lesquels se produisaient dans les salles de la rue Montesquieu, de Dourlan, boulevard Bezon, aux Batignolles et au boulevard du Montparnasse.

LECOUR, le meilleur d’entre eux, parvenait à donner 82 coups de canne en 15 secondes !

Article rédigé par Laurent Bastard. Merci :)

Sherlock Holmes, expert dans l’art de la canne


2010
02.17

Sherlock Holmes

Le film de Guy Ritchie qui vient de sortir sur les écrans nous montre un Sherlock Holmes (incarné par Robert Downey Jr) et un Dr Watson (Jude Law) différents de ceux auxquels les films antérieurs nous ont habitués, mais peut-être pas si éloignés que ça des romans d’Arthur Conan DOYLE (1859-1930).

L’écrivain fait apparaître pour la première fois son héros dans « Une étude en rouge » (1887). Le Dr Watson, qui est censé écrire, établit au début du roman une liste des douze connaissances « nulles, faibles, approfondies, exactes et immenses » de son colocataire. Et en numéro 11, il note : « Est très adroit à la canne, à la boxe, à l’escrime. » Sherlock Holmes ne savait donc pas tenir qu’une pipe et une loupe !

Un lecteur des nombreux romans où figure le détective connaît-il des passages où il exerce ses talents dans ce domaine ?

Article rédigé par Laurent Bastard. Merci ;)

Le Thyrse, un « bâton hiératique » pour Baudelaire (1869)


2010
02.16

Thyrse

Qu’est-ce qu’un thyrse ? C’est un bâton antique, orné de feuilles de lierre ou de vigne, terminé ou non par une pomme de pin ou de grenade. C’est l’attribut de Dionysos (en Grèce) et de Bacchus (chez les Romains). Les Ménades ou Bacchantes le portaient lors de leurs cérémonies nocturnes, associées à l’ivresse des banquets. C’était aussi un bâton magique.

Tout a été écrit sur ce bâton par A.J. REINACH dans le Dictionnaire des antiquités grecques et romaines de Ch. Daremberg et E. Saglio, dont une partie a été mise en ligne sur le site www.mediterranees.net.

Mais le poète charles BAUDELAIRE (1821-1867) lui a consacré un beau texte dédié à Franz Liszt dans Le Spleen de Paris, édité à titre posthume en 1869. Il analyse le thyrse comme l’alliance de deux symboles qui sont aussi les deux aspects indissociables du caractère de Liszt. Le bâton « c’est votre volonté, droite, ferme et inébranlable » et les fleurs « c’est la promenade de votre fantaisie autour de votre volonté. »

Voici ce poème, dont nous n’avons pas reproduit le dernier paragraphe, davantage associé au compositeur.
« Qu’est-ce qu’un thyrse ? Selon le sens moral et poétique, c’est un emblème sacerdotal dans la main des prêtres ou des prêtresses célébrant la divinité dont ils sont les interprètes et les serviteurs. Mais physiquement ce n’est qu’un bâton, un pur bâton, perche à houblon, tuteur de vigne, sec, dur et droit. Autour de ce bâton, dans des méandres capricieux, se jouent et folâtrent des tiges et des fleurs, celles-ci sinueuses et fuyardes, celles-là penchées comme des cloches ou des coupes renversées. Et une gloire étonnante jaillit de cette complexité de lignes et de couleurs, tendres ou éclatantes. Ne dirait-on pas que la ligne courbe et la spirale font leur cour à la ligne droite et dansent autour dans une muette adoration ? Ne dirait-on pas que toutes ces corolles délicates, tous ces calices, explosions de senteurs et de couleurs, exécutent un mystique fandango autour du bâton hiératique ?
Et quel est, cependant, le mortel imprudent qui osera décider si les fleurs et les pampres ont été faits pour le bâton, ou si le bâton n’est que le prétexte pour montrer la beauté des pampres et des fleurs ? Le thyrse est la représentation de votre étonnante dualité, maître puissant et vénéré, cher Bacchant de la Beauté mystérieuse et passionnée. Jamais nymphe exaspérée par l’invincible Bacchus ne secoua son thyrse sur les têtes de ses compagnes affolées avec autant d’énergie et de caprice que vous agitez votre génie sur les coeurs de vos frères. Le bâton, c’est votre volonté, droite, ferme et inébranlable ; les fleurs, c’est la promenade de votre fantaisie autour de votre volonté ; c’est l’élément féminin exécutant autour du mâle ses prestigieuses pirouettes. Ligne droite et ligne arabesque, intention et expression, raideur de la volonté, sinuosité du verbe, unité du but, variété des moyens, amalgame tout-puissant et indivisible du génie, quel analyste aura le détestable courage de vous diviser et de vous séparer ? »

Article rédigé par Laurent Bastard. Merci :)

Petit additif personnel à écouter sans retenue :) FM
L’extraordinaire interprétation de la seconde rhapsody hongroise de Franz Liszt
par Georges Cziffra !!

Rabelais et le bâton de frère Jean des Entommeures


2010
01.31

Frère Jean des Entommeures

François Rabelais (1494-1553) est l’auteur de cinq livres extraordinaires et réconfortants dont le fameux « Gargantua » (1534) renferme un combat débridé au bâton.

Un roitelet nommé Pichrocole, mégalomane et belliqueux, a déclaré la guerre au bon Grandgousier et à son fils Gargantua. Ses soldats sont aux abords de l’abbaye de Seuilly, occupés à manger du raisin. Les moines ne savent que faire lorsque l’un d’eux, le frère Jean des Entommeures, décide de passer à l’attaque.

Voici un extrait de son combat au bâton, dont j’ai légèrement modernisé l’orthographe pour en faciliter la lecture. L’image est de Gustave Doré, merveilleux graveur qui illustra l’édition des oeuvres de Rabelais au XIXe siècle.

« Ce disant, il mit bas son grand habit et se saisit du bâton de la croix qui était de coeur de cormier, long comme une lance, rond à plein poing et quelque peu semé de fleurs de lys, toutes presque effacées. Ainsi sortit en beau sayon, mit son froc en écharpe et de son bâton de la croix donna brusquement sus les ennemis qui, sans ordre ni enseigne, ni trompette ni tambourin, parmi le clos vendangeaient. (…) Il choqua donc si roidement sur eux, sans dire gare, qu’il les renversait comme porcs, frappant à tort et à travers, à la vieille escrime. Aux uns écrabouillait la cervelle, aux autres rompait bras et jambes, aux autres délochait les spondiles du col, aux autres démoullait les reins, avalait le nez, pochait les yeux, fendait les mendibules, enfonçait les dents en la gueule, écroulait les omoplates, sphacelait les grèves, dégondait les ischies, débezillait les faucilles. (…) Si aucun sauver se voulait en fuyant, à icelui faisait voler la tête en pièce par la commissure lambdoïde. Si quelqu’un grimpait à un arbre, pensant y être en sûreté, lui, de son bâton, l’empalait par le fondement. (…) Les uns mouraient sans parler, les autres parlaient sans mourir, les uns mouraient en parlant, les autres parlaient en mourant. (…) Ainsi, par sa prouesse, furent déconfits tous ceux de l’armée qui étaient entrés dedans le clos, jusqu’au nombre de treize mille six cent vingt deux, sans les femmes et petits enfants, cela s’entend toujours. Jamais Maugis l’hermite ne se porta si vaillamment avec son bourdon contre les Sarrasins, desquels il est écrit dans la geste des quatre fils Aymon, comme fit le moine à l’encontre des ennemis avec le bâton de la croix. »

Article écrit et « adapté », par Laurent Bastard. Merci :)

La canne du Tambour-Major impressionne Bonaparte !


2010
01.29

Canne de tambour major

On trouve dans les romans d’Ernest CAPENDU (1826-1868) une belle description des mouvements de canne effectués par un tambour-major devant Bonaparte, alors premier consul. Le roman est intitulé La Mère l’étape et a été publié en feuilleton dans le magazine Le Passe temps en 1864 et 1865. Comme l’écrivain, qui connut pourtant un grand succès populaire de son vivant, ainsi que ses romans, sont bien oubliés aujourd’hui, voici l’occasion de donner connaissance de l’épisode de la canne :

« Entre ces tambours et ces sapeurs, dans cet espace vide, s’avançait un homme, un seul homme, mais quelle place il tenait à lui tout seul ! (…) Cet homme, c’était le tambour-major de la garde consulaire, le premier tambour-major de tous les tambours-majors de la France, le maréchal de la Canne.

Comme il était beau, mon Dieu ! Renversant son torse en arrière pour ne pas perdre une ligne de sa gigantesque taille, tendant le jarret, raidissant sa jambe que recouvrait une culotte de peau blanche illustrée d’arabesques, avançant un pied majestueux que chaussait une bottine de cuir fauve frangée d’or, la main gauche appuyée sur la ceinture tricolore et dorée qui serrait sa taille ; la tête recouverte d’un colbach dont les poils retombaient jusqu’au menton et qui dérobaient absolument la vue du visage, et le tout enfin surmonté d’une gerbe éblouissante de plumes et de panaches, à rendre jaloux un prince indien.
Le coude droit complètement en dehors, le bras arrondi comme le bois d’un arc et dans les mains une canne et quand je dis canne, c’est que le vocabulaire militaire se refuse à me prêter une autre expression.
C’était un petit arbre surmonté d’une pomme colossale et entouré de la base au sommet par une torsade de fil d’or grosse comme un câble de navire.

Cette canne, le tambour-major la maniait, la tournait, la lançait avec une majesté et une vigueur au-dessus de tout éloge.

En arrivant à vingt pas du premier Consul, le tambour-major se redressa encore et redoubla de moelleux et de grâce dans ses mouvements.
Lançant brusquement sa canne en ligne droite, il la rattrapa par le milieu.
Alors, lui imprimant un mouvement de rotation incroyable, successivement dans les deux sens, il la lança encore, mais cette fois avec une telle vigueur, que la canne monta dans les airs en tournoyant comme si elle eût été poussée par une catapulte.
Ce fut un cri général d’admiration et d’étonnement.
-Oh ! oh ! – dit le premier Consul en souriant. Qui donc est ce tambour-major qui lance sa canne à la hauteur des cheminées du Palais ? Tout le monde a le nez en l’air !… Ah ! parbleu ! je le reconnais ! – j’aurais dû m’en douter ! C’est Rossignolet, mon ancien tambour-maître de la 32e demi-brigade, mon casseur de lanternes ! »

Article rédigé par Laurent Bastard. Merci ;)

Le dressage de Buck à coups de bâton


2010
01.29

Bâton de dressage

Les romans de l’américain Jack London (1876-1916) se déroulent souvent dans le grand Nord canadien et mettent en scène des personnages durs, cruels, plus habitués à défendre leur peau qu’à exprimer de la tendresse.

Le roman « L’appel de la forêt » (The Call of the Wild) a été publié en 1903 et a connu un grand succès. Il décrit l’évolution du chien Buck, volé pour devenir un chien de traîneau lors de la ruée vers l’or dans le Klondike. Après les cruautés des hommes, il sentira « l’appel de la forêt »…

Le roman s’ouvre par une scène cruelle, celle du dressage à coups de gourdin. Extraits : « L’homme eut un mauvais sourire ; il posa sa pipe et, s’étant muni d’une hache et d’un énorme gourdin, il se rapprocha d’un pas délibéré (…) Il se rua vers l’homme, pareil à une bête enragée. Au moment où ses mâchoires de fer allaient se refermer en étau sur sa prise, un coup savamment appliqué en plein crâne le jette à terre. (…) Dix fois, vingt fois, il revient à la charge, pour être, à chaque tentative, arrêté dans son élan par un coup formidable appliqué de main de maître. (…) Alors l’homme fait un pas en avant et, froidement, délibérément, prenant à deux mains son gourdin, il assène sur le nez du chien un coup terrible. (…) « Alors, Buck, mon vieux, voilà ce que j’ai à vous dire : Nous nous comprenons, je crois. Vous venez d’apprendre à connaître votre place. Moi, je saurai garder la mienne. Si vous êtes un bon chien, cela marchera. Si vous faites le méchant, voici un bâton qui vous enseignera la sagesse. Compris, pas vrai ? »

Buck sauvé des coups

Lors d’un autre épisode, le pauvre Buck refusera de tirer le traîneau sur un plan d’eau gelé, sentant d’instinct que la glace s’écroulerait. Son maître essaie de l’y contraindre par le fouet puis par le bâton. Mais cette fois, un protecteur intervient : « Tout à coup John Thornton, d’un bond, s’élança sur l’homme, lui arracha le bâton, et le fit violemment reculer en arrière. (…) « Si vous touchez encore à ce chien, je vous tue ! »
(illustrations extraite du Journal des voyages, 12 août 1906).

Article rédigé par Laurent Bastard. Merci ;)

Pour ceux qui aiment Croc Blanc tiré de l’oeuvre de Jack London, petit extrait (vaudrait mieux poser ce bâton monsieur ;)

Canne qui rend invisible !


2010
01.27

Canne de BalzacSi on en croit, Mme Emile de Girardin (née Delphine-Gabrielle Gay), dans La canne de M. de Balzac. (Nouvelle éditon. Paris: Michel Lévy, 1872. PQ 2260 .G67 C35 1872 SMRS), la canne de Monsieur Balzac rendait INVISIBLE !!!

Dumas, Le Comte de Monte-Cristo


2010
01.10

On trouve une référence à la canne dans la description de l’atelier du dandy parisien Albert de Morcerf :
« Là se réfugiaient et s’entassaient tous les caprices successifs d’Albert, […] enfin les fleurets, les gants de boxe, les espadons et les cannes de tout genre ; car enfin, suivant les traditions des jeunes gens à la mode de l’époque où nous sommes arrivés, Albert de Morcerf cultivait, avec infiniment plus de persévérance qu’il n’avait fait de la musique et de la peinture, ces trois arts qui complètent l’éducation léonine, c’est-à-dire l’escrime, la boxe et le bâton, et il recevait successivement dans cette pièce, destinée à tous les exercices du corps, Grisier, Cooks et Charles Leboucher. »
D’après Gilbert Sigaux qui a fait les notes de l’édition Folio, Grisier est un célèbre maître d’armes, Leboucher est boxeur et professeur de savate ; Cooks est inconnu. Enfin, notons que l’action se passe en 1838.

(Références de l’extrait : Alexandre Dumas, Le Comte de Monte-Cristo, Gallimard, coll. Folio, 1981, tome I, p. 485).

Merci à Emilie Pezard pour cette contribution. FM