Archive for the ‘Canne et bâton dans l'histoire’ Category

Alphonse Karr (1808-1890) écrivain et bâtonniste


2010
02.17

Karr écrivain bâtonniste

Le romancier, poète et journaliste Alphonse KARR, né à Paris en 1808 et mort à Saint-Raphaël en 1890, n’a plus aujourd’hui le succès qu’il connut de son vivant, mais il a encore sa place dans la littérature du XIXe siècle.

Mais sait-on qu’il fut aussi un bâtonniste réputé ? C’est ce que nous apprend Eugène CHAPUS, dans son livre « Le Sport à Paris », publié chez Hachette en 1854. Cet auteur consacre son intéressant chapitre XX (pages 102 à 108) à « La boxe française, le bâton et la canne ». On pourra le lire en version numérisée sur le site www.books.google.fr

Voici l’extrait qui concerne l’écrivain :
« Alphonse Karr, lui, est l’un des favorisés du bâton. Il est infatigable à cet exercice, auquel sa musculature d’Hercule Farnèse est merveilleusement appropriée. Dernièrement, un de nos amis communs s’étonnait en le voyant se livrer à toute la furie et à toute la fantaisie de son jeu. « Comment, disait-il, vous êtes un aussi célèbre bâtonniste, et je l’ignorais ! -Oui, lui répondit Karr, et à votre étonnement je vois que vous n’avez pas eu jusqu’ici pour moi tout le respect que vous me deviez. »

Chapus cite aussi Auguste Lireux « le spirituel feuilletonniste du Constitutionnel, (qui) manie la canne avec une grande dextérité ; il paraît avoir longuement médité sur cet aphorisme de Chamfort : « Un homme d’esprit est perdu s’il ne joint pas à l’esprit l’énergie du caractère ; quand on a la lanterne de Diogène, il faut avoir son bâton. »

Chapus donne le nom des plus célèbres maîtres de bâton et de canne de son temps : Hubert LECOUR, salle du passage des Panoramas et rue de Tournon ; LOZES ; LEBOUCHER, rue de Choiseul ; VIGNERON ; GUERINEAU ; BLANC ; BOUTOT ; BURDIN ; JACON ; FOUCART ; PERSON ; BOURSAULT, lesquels se produisaient dans les salles de la rue Montesquieu, de Dourlan, boulevard Bezon, aux Batignolles et au boulevard du Montparnasse.

LECOUR, le meilleur d’entre eux, parvenait à donner 82 coups de canne en 15 secondes !

Article rédigé par Laurent Bastard. Merci :)

Jeux d’ombres des pommeaux de cannes…politiques !


2010
02.03

Pommeau de canne Louis XVI

Il y eut des époques où l’on n’affichait pas sans risque ses opinions politiques. Il valait mieux se montrer discret, quitte à se faire reconnaître subtilement auprès d’un ami qui pensait comme vous.
Albert LEVY (Curiosités scientifiques, 1880, p. 10-11) rapporte que « Pendant la révolution de 1789, un grand nombre de royalistes portaient des cannes dont le bec, singulièrement découpé, donnait comme ombre le portrait de Louis XVI.

Plus tard, sous la Restauration, les bonapartistes se servaient de cannes ou de cachets dont l’ombre reproduisait la silhouette de l’empereur. Les mauvaises langues ajoutent que c’était le même fabricant qui vendait, sous les différents régimes, le portrait du souverain qui venait de disparaître. »

La gravure montre la silhouette de Louis XVI projetée à partir de l’ombre du pommeau de la canne, et celle de Napoléon, à partir de celle d’un cachet.

Article rédigé par Laurent Bastard. Merci :)

Docteur House et promenade dans les boutiques de canne


2010
01.27

La canne du Docteur House (la fameuse série télé) est fabriquée en France, par l’entreprise familiale Fayet qui fournit des cannes dans le monde entier. Il y reste peu de frabricants de cannes et de bâtons, en France et il est important de soutenir cette activité qui reflète une partie de notre patrimoine.

Pour mémoire, il en va de même pour les magasins de cannes. Autrefois, dans Paris, les passages fourmillaient litteralement de magasins de cannes allez voir ici c’est un site trés intéressant sur l’histoire des passages parisiens.

Pour ne siter que quelques noms de passages parisiens, vous pourrez vous promener Galerie Véro Dodat, Passage Jouffroy,Passage Choiseul -Sainte Anne, Passage Verdeau, Passage Bourg l’Abbé, Passage du Grand Cerf, Galerie Ben Aïad, Passage du Caire, Passage Ponceau, Passage des Panoramas, Galerie Colbert, Galerie Vivienne, Passage Vendôme, Galerie Madeleine, Passage Puteaux, Passage du Havre, Passage des Princes, Passage du Prado,
Passage Brady, Arcades du Lido, Cité Berryer, Passage Molière, St André / Rohan, Passage de l’Ancre, Passage Lhomme…

Mais la mode lancé dès 1786 avec les Galeries de bois du Palais Royal s’est propagée en Angleterre par exemple, à Londres (Burlington Arcade ou Piccadilly Arcade) !

Ces passages et galeries reflètent toujours l’effervescence artistique et culturelle de Paris (rappelons que ces galeries couvertes bordées de boutiques diverses permettent toujours aux passants de traverser la ville sans se mouiller !).

Le passage Jouffroy (au 34, allez voir la formidable boutique de cannes de Monsieur Segas – une pointure dans le milieu ;) nous rappelle qu’il y avait, vers 1850, plus de 300 fabricants de cannes dans Paris !!!

Il est vrai que l’accessoire « canne » était à la mode :)

Le jeu du Djerrid chez les cavaliers persans


2010
01.27

Jeu de bâtonnet persan

Ce jeu a été décrit par Claude Albaret dans un article intitulé « Le sport national des Persans », publié dans le Journal des Voyages du 17 juin 1906.

Il se pratique par deux équipes de trois ou six cavaliers qui doivent se lancer un bâtonnet sur un parcours déterminé. Les cavaliers des équipes adverses, séparés au début de la course par une distance de 25 mètres, se rapprochent pour saisir le djerrid et le lancer à son tour à ceux de son équipe. Le vainqueur est celui qui atteint la ligne d’arrivée.

Si le bâton tombe au sol, il fait perdre un point au lanceur de son équipe. Le djerrid est décrit comme « un petit bâton de bois dur et lourd, long de trente-cinq à quarante centimètres, et terminé à ses deux extrémités par deux noeuds qui le font ressembler vaguement à un haltère de gymnase. »

Article proposé par Laurent Bastard. Merci :)

Punition à coups de bâton


2010
01.27

Punition à la scopa par la CamorraPunition à coups de bâton dans la Camorra italienne au début du XXe siècle.

Un article du Journal des Voyages, n° 561, du 1er septembre 1907, signé Gervesis Malissol, intitulé « La Camorra, société secrète criminelle à Naples », renferme beaucoup d’informations sur cette organisation analogue à la Maffia sicilienne. Une illustration montre le châtiment subi par celui qui désobéissait aux ordres.

Il était étendu sur un banc et devait subir des coups de « scopa », c’est-à-dire d’un manche à balai, sans montrer de signes de douleur, bien que parfois il s’en sorte par un os brisé !

Article proposé par Laurent Bastard. Merci :)

Charivaris basques


2010
01.27

Passage sous le bâtonPassage sous le bâton lors des charivaris au Pays basque.

Jusqu’au début du XXe siècle, le Pays basque avait conservé la vieille coutume des charivaris (en basque : cintzarrosec). Les jeunes gens des bourgs et villages se réunissaient lorsqu’un veuf venait convoler en nouvelles noces. Si la majorité d’entre eux décidait d’organiser un charivari, tous ceux qui voulaient y prendre part passaient alors sous un bâton tenu par deux d’entre eux. Le jour venu, le vacarme était organisé à grands renfort de clochettes, tambours, cornes, hurlements, sous les fenêtres des futurs époux. Le charivari se donnait aussi au mari battu par sa femme, ou encore aux vieux qui épousaient des jeunes. Ils pouvaient s’en affranchir en « rachetant » leur faute, ce qui consistait à remettre une somme rondelette à la jeunesse du village, qui s’en allait la dépenser au cabaret pour boire à la santé des mariés. L’illustration et ces détails sont rapportés par Paul KAUFFMANN, dans le Journal des voyages n° 539 du 31 mars 1907. D’après la gravure, le bâton semble être un makila.

Article proposé par Laurent Bastard. Merci :)

La canne à pommeau d’or


2010
01.13

Tradition canadienne datant de 1840 !! Là encore, j’ai trouvé cela par hasard grâce à notre famille du continent américain.

1 ) Premier document

Cet article provient du Centre d’Histoire de la Ville de Montreal. L’article « La vie portuaire » est tiré de COLLARD, Edgar A. Montreal Yesterdays. Toronto, Longmans Ltd, 1962. On y découvre la tradition de la Canne à pommeau d’or décernée au premier bâton entrant dans le port, en début d’année et marquant ainsi le redémarrage des échanges commerciaux…Trés intéressant !! FM

La Vie Portuaire.

Arrivée d’immigrants à Montréal, début du siècle. Collection privée.
Avant le milieu du 19e siècle, à l’époque où les navires représentaient pour les Montréalais le seul moyen de communication avec l’Europe, la ville était coupée du monde extérieur de la mi-décembre jusqu’au mois d’avril, emprisonnée dans un étau impénétrable de glace. L’arrivée du premier bateau de l’année signifiait un véritable retour à la vie pour Montréal.

Pour les Montréalais, l’ouverture de la saison de navigation, et plus particulièrement l’arrivée du premier navire, était un événement qui se transformait rapidement en une grande fête populaire. Les élégantes et leurs escortes, ainsi que les ouvriers qui le pouvaient, se rendaient sur les quais pour apercevoir l’arrivée du bateau, et bien sûr, voir le déchargement de sa précieuse cargaison. Ce navire apportait les produits nécessaires à la colonie, et bien souvent des biens de luxe venus d’Europe qui commençaient à se faire rares à la fin de l’hiver. Les cales étaient pleines d’épices, de vins et d’autres denrées alimentaires. Mais les élégantes venaient aussi pour voir autre chose… C’étaient les dernières créations de la mode de Paris et de Londres qui les intéressaient. De plus le bateau transportait la correspondance qui s’était accumulée durant les longs mois d’hiver.

Vue du port, c.1902. Collection privée.
Les capitaines des navires à destination de Montréal poussaient donc à fond leurs navires et leurs équipages pour avoir l’honneur d’être le premier de l’année à accoster à Montréal. Les commissaires du port avaient eux-aussi tout intérêt à ce que la saison de navigation débute le plus tôt possible. Ils décidèrent donc d’offrir un présent au capitaine du premier navire de la saison. Ainsi naquit la tradition de la «Canne à pommeau d’or».

Nous ne connaissons pas exactement la date de la première remise de ce prix, mais elle remonte vraisemblablement aux alentours de 1840. Jusqu’aux environs de 1880, le prix offert était un chapeau haut de forme. Puis on commença à décerner une canne à pommeau d’or aux capitaines des bâtiments qui avaient bravé le plus hâtivement les glaces du fleuve. Ce n’est toutefois qu’en 1920 qu’un navire canadien, le Canadian Aviator de la marine marchande du gouvernement du Canada, eu l’honneur d’obtenir la récompense tant convoitée. Tous les navires récipiendaires jusque là étaient d’origine britannique (à l’exception d’un navire allemand et d’un navire italien). La tradition de la Canne à pommeau d’or allait toutefois connaître un changement important en 1964.

Depuis 1964 le port de Montréal est ouvert à l’année grâce au travail des brise-glace de la Garde côtière canadienne. Ainsi la compétition pour l’obtention de la «canne-trophée» s’effectue désormais dans les premières heures de l’année, le 1er janvier. Cette ouverture du port à l’année est bien sûr bénéfique pour l’économie de la métropole québécoise. Elle permet aussi aux débardeurs, qui étaient alors des travailleurs saisonniers, de travailler toute l’année.

Ces travailleurs qui était jadis de costauds gaillards, effectuent de plus en plus un travail automatisé. Ils ne ressemblent plus guère à leurs ancêtres qui hantaient la taverne de Joe Beef au siècle dernier. Mais ils rêvent probablement encore aujourd’hui aux horizons lointains d’où proviennent ces navires…

2) Document video

« Le Volumnia décroche le pommeau d’or » (regardez la video : http://archives.radio-canada.ca/economie_affaires/transports/clips/4086/)

3) Mur de la Renommée de la Canne à pommeau d’or

M. Gérald Tremblay, le président du conseil de l’APM, M. Raymond Lemay, et M. Taddeo ont dévoilé officiellement le « Mur de la Renommée de la Canne à pommeau d’or » où figurent tous les noms des gagnants du fameux trophée depuis le début de la tradition en 1840, soit 10 ans après la création de la
Commission du Havre de Montréal, maintenant l’APM.
Mur de la renommée de la canne à pommeau d'or

M. Gérald Tremblay, maire de Montréal
(à gauche), et l’honorable Stéphane Dion,
ministre de l’Environnement (à droite),
célèbrent avec M. Taddeo et le capitaine
Alessandrelli.

POur plus d’informations, contacter Michel Turgeon (Directeur des communications du Port de Montreal)

Pietro di Cristoforo VANNUCCI, dit PERUGIN


2010
01.10

Pietro di Cristoforo VANNUCCI, dit PERUGIN
Città della Pieve, vers 1450 – Fontignano (Pérouse), 1523

Fait partie d’une série de cinq tableaux, tous conservés au Louvre, que la marquise de Mantoue, Isabelle d’Este (1474 – 1539), a commandés pour décorer son premier studiolo logé dans le Castello di San Giorgio du palais ducal de Mantoue.

Contribution de Gaëlle Refregiers (merci FM).

Les grades de compagnons bastonneurs !


2010
01.10

Contribution provenant de Monsieur Laurent Bastard, du Musée du Compagnonnage, Tours.

 

LES GRADES BATONS

Il est à noter qu’il y avait dans les années 1840 – 1841 au moins deux grades concernant le maniement du bâton : Prévôt et Maître. Mais précisons que ces grades ne sont pas délivrés par des compagnons mais à des compagnons qui suivent les cours dispensés par des spécialistes de ce jeu.

- Grade de Prévôt

Il faut savoir que des diplômes « brevets » de Maître de Bâton existait à l’époque. Voici deux exemples de brevet décernés à des compagnons. Il s’agit de dessins aquarellés sur lesquels on peut lire « BREVET DE BATON Honneur aux armes et patrie », sur cartouche. Deux combattants au bâton sont au centre, sur les côtés, des drapeaux tricolores. La note suivante est écrite : « nous soussignés maître et professeurs de bâton, déclarons nous être réunis aujourd’hui à l’effet de reconnaître M. B, fusilier, élève de Mr. B. en qualité de Prévôt et (a)près nous être par nous mêmes assurés de ses talans (sic) et connaissances et lui avoir rappelé que la prudence et la modération doivent être les premières qualités de celui qui professe notre Art nous lui avons délivré le présent Brevet. Nous invitons nos amis et Frère d’armes à lui prêter aide et assistance au besoin promettant réciprocité de notre part sur leur recommandation. Fait le 21 juin 1840 à (illisible). »

- Grade de Maître

Cette fois, il s’agit d’une Gravure Coloriée (« A Paris Chez Fournier Rue St Jacques 31 Déposé .2. ») . Deux combattants au bâton devant des militaires en uniforme placés en demi-cercle. A droite sur cartouche l’inscription : « Protégeons les faibles » à gauche « Secourons nos frères ». Au centre est écrit « BREVET DE BATON »

La note suivante est écrite : « Nous soussignés, Maîtres et professeurs déclarons nous être réunis aujourd’hui à l’effet de reconnaître M. B. T. élève de M. (illisible) en qualité de Maître, et après nous être par nous mêmes assurés de ses talans (sic) et connaissances et lui avoir rappelé que la prudence et la modération doivent être les premières qualités de celui qui professe notre Art nous lui avons délivré le présent. Nous invitons nos Amis et Frère d’armes à lui prêter aide et assistance au besoin promettant réciprocité de notre part sur leur recommandation. Fait à Calais, le 4 juin 1841 ». ..suivi de 10 signatures.