BATON TROMPE-L’ŒIL PAR RAPHAEL (1511)

La technique du trompe-l’œil a été étudiée en profondeur par Miriam MILMAN dans son livre « Les illusions de la réalité : le trompe-l’œil » (Genève, Skira, 1992). Elle montre que si cette technique s’apparente souvent à un véritable tour de force de la part des peintres, elle n’a pas qu’une fonction décorative et d’illusion d’optique, mais qu’elle exprime aussi une réflexion sur notre perception du réel et pose la question : « qu’est-ce qui est vrai dans notre environnement ? ».

Parmi les illustrations du livre, l’une a retenu notre attention, c’est celle de la décoration en camaïeu d’un soubassement de la chambre d’Héliodore au Vatican, œuvre de Raphaël ou des peintres qui travaillaient sous sa conduite entre 1511 et 1514.

Le soubassement est animé par « des cariatides qui semblent soutenir la corniche du mur porteur de fresques. Quoique placée dans un renfoncement, la cariatide située sous la fresque figurant la Libération de saint Pierre a un bras qui passe devant la corniche et l’autre qui perce l’espace du spectateur d’un geste décidé. »

On ajoutera que le long bâton tenu en main gauche par la statue accentue le sentiment de relief et de la profondeur de la niche, puisque son extrémité est placé devant le linteau alors que son pied est placé presque au même niveau que le socle sur lequel est posée la statue. Or tout ceci n’est qu’illusion puisque tout est peint sur un même plan…

Article rédigé par Laurent Bastard, merci :)

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