BATON DE DEPART ET BATON DE RETOUR

Il existait des conventions dans la représentation de certaines scènes : ainsi, lorsqu’il s’agissait de figurer le départ d’un conscrit qui allait rejoindre son régiment, le dessinateur, le peintre ou le graveur le représentaient toujours un bâton à la main. C’était d’ailleurs fondé, puisque le jeune homme allait devoir cheminer de son village jusqu’à la caserne où il allait revêtir l’uniforme. La convention artistique n’eut plus de raison d’être lorsque le territoire fut couvert de voies de chemin de fer au début du XXe siècle.

De même, lorsque le soldat était renvoyé dans ses foyers à l’issue de son service militaire, il devait accomplir une longue marche pour regagner son village et y retrouver ses parents. Pour l’y aider, un bâton était fort utile.

On le voit bien sur les deux gravures recadrées qui illustrent l’article « Le conscrit, anecdote », publié dans « Le Magasin pittoresque » de mai 1851, p. 171-174.

La première illustre ce passage : « Le jour de la séparation fut la plus cruelle épreuve : tandis que le père, toujours plus faible et plus pâle, lui tenait une main qu’il ne pouvait quitter, sa mère restait, la tête sur son épaule, à demi évanouie de douleur ; la jeune sœur et le petit frère pleuraient ; le chien lui-même regardait en gémissant ! Mais l’appel des conscrits se faisait au village ; le roulement du tambour avertissait les retardataires ! Un dernier embrassement fut échangé ; Ivon rejoignit ses compagnons, et l’on se mit en route ! »

La seconde image concerne ce passage : « Enfin, l’heure de la délivrance arrivée, il reprit joyeusement la route qu’il avait autrefois parcourue avec tant de tristesse. A mesure qu’il approchait, il sentait augmenter son impatience ; il doublait les étapes ; il ne pouvait se défendre d’un battement de cœur en voyant les cultures familières à sa jeunesse, les hameaux dont les noms lui étaient connus ! Enfin le toit qu’il cherchait apparaît au détour du village ! A ce moment, Marker n’est plus maître de lui ; il court, il traverse la grande place sans se laisser arrêter par ses anciens amis qui l’appellent ; il s’élance vers la ferme ! Les enfants, que sa barbe et son costume épouvantent, s’enfuient à son approche ; la jeune sœur recule jusqu’au mur, surprise et inquiète ; mais le chien, que son instinct a éclairé, se précipite à sa rencontre, et sa mère a tressailli au son d’une voix qu’elle ne peut oublier. Quand tous les autres hésitent, elle accourt sur le seuil, elle tend les bras, elle nomme Ivon ! Elle ne demande plus rien à Dieu ; tous ses enfants vont être assis autour du foyer ! »

Article rédigé par Laurent Bastard, merci :)

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